Temps de travail, production et gaspillage

En parcourant la page d’accueil du site de l’Archimagisterium, et plus précisément dans la partie « Préoccupations des Peuples et des Individus », on peut lire que le temps de travail hebdomadaire sera réduit à 25 heures et que les semaines comporteront désormais 8 jours, dont 3 de week-end. Cela représenterait donc 5 heures de travail par jour, et environ 45 jours de week-end supplémentaires par an. Dans un monde où nous n’arrivons déjà pas à nourrir toute la population en travaillant 7 à 8 heures par jour, avec seulement un ou deux jours de week-end par semaine, comment la production pourrait-elle suivre la cadence ?

La réponse à cette question pourrait bien se trouver dans le gaspillage.

Vous le savez sans doute déjà, le gâchis alimentaire est un problème majeur de la société actuelle. Entre les particuliers qui achètent plus que nécessaire, les restaurants qui jettent les assiettes non finies, les grandes surfaces qui se débarrassent des invendus et les industries qui vont jusqu’à jeter des produits juste à cause de leur apparence, on se rend vite compte que les poubelles sont finalement bien pleines de produits qui n’ont absolument rien à y faire.

Lorsque l’on cherche des chiffres en lien avec le gâchis alimentaire mondial, on peut trouver beaucoup d’articles sur divers sites internet. Cependant, la totalité de ces articles se basent sur la même source : la FAO, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (celle-là même qui est supposée à tors avoir créé le Codex Alimentarius). Difficile d’être sûr de la véracité des chiffres lorsqu’il n’est pas possible de les croiser avec d’autres sources, mais voyons malgré tout ce qu’expose cette branche de l’ONU dédiée à l’alimentaire:

  • Entre 6kg et 11kg de nourriture par individu et par an sont gaspillés en Afrique et en Asie ;
  • Entre 95kg et 115kg de nourriture par individu et par an sont gaspillés en Europe et en Amérique du Nord ;
  • Environ 1,3 milliards de tonnes de nourriture sont gaspillées dans le monde chaque année, soit 20 % de la nourriture disponible ;
  • En 2020, entre 720 et 811 millions de personnes souffraient de la faim ;
  • Environ 1,26 milliards de personnes pourraient être nourries avec toute la nourriture gaspillée dans le monde.

En bonus, on peut aussi rajouter le fait qu’en France, 40 % des fruits et légumes considérés comme « moches » sont jetés, car ils ne se vendraient soi-disant pas, même s’ils sont parfaitement propres à la consommation.[1]

Les chiffres sont clairs, nous produisons bien plus que nécessaire pour nourrir correctement toute la population mondiale. Mais dans un monde où la consommation et le portefeuille de quelques ultra-riches sont plus importants que le bien-être et la santé de tous, il est logique de vouloir produire inutilement des quantités ahurissantes de « consommables » afin de générer toujours plus de profits, le plus rapidement possible, peu importe les conséquences sur le long terme. Quant aux invendus, autant les jeter à la poubelle plutôt que de les distribuer aux nécessiteux, ça coûte moins cher…

Le gaspillage est donc la marque de l’élite mondiale, qui met en avant une croissance économique infinie dans un monde aux ressources limitées et ayant besoin de temps pour se régénérer.

Notez cependant que ces chiffres, venants de l’ONU, se basent forcément sur le fait que nous serions soi-disant plus de 7 milliards d’individus sur Terremère-Gaïa. Mais que ce soit réellement le cas où non, le fait est qu’il y a largement assez de nourriture pour tous (voir la page « Nouveau Paradigme Archimagistéral« ).

Par ailleurs, seul le sujet du gaspillage alimentaire a été abordé jusqu’ici, mais en réalité, il concerne aussi tous les objets du quotidien. Ainsi, d’après un article du site ConsoGlobe[2], 630 millions d’objets sont détruits chaque année rien que par les fabricants eux-mêmes. Et ce, sans même parler de tous les produits dernier cri, qui sortent chaque année, poussant certains à jeter les anciens modèles, même encore fonctionnels, juste pour être soi-disant à la pointe de la technologie…

Alors si, en Apolytocratie, le temps de travail sera réduit, il va de soi que le gaspillage le sera aussi à tous les niveaux, même (et surtout?) au niveau des ressources humaines. Plus personne ne sera ralenti par une administration labyrinthique et tortueuse, créée de toutes pièces pour permettre aux puissants de profiter des failles du système en toute impunité. L’administration sera simple, fluide et sans faille. De même, plus personne ne pourra se retrouver dans des situations de blocages, les empêchant de faire leur travail correctement. Par exemple, un chef de ligne pourra changer lui-même une pièce défectueuse afin de pouvoir poursuivre son travail au plus tôt, sans que des actionnaires (qui n’existeront plus) ne le lui refusent parce que ça leur ferait perdre trop d’argent.

Plus personne ne dépendra entièrement de quelques donneurs d’ordres corrompus, chacun sera responsabilisé. Et, sans toutes ces sources de frustration, ainsi qu’en redonnant du sens à ce que l’on fait, « travailler » deviendra un bonheur.

Tous les objets du quotidien seront de qualité et construits avec des matériaux durables et disponibles en grande quantité, plutôt qu’avec des métaux rares et fragiles par exemple, nécessitant la destruction de tonnes de roches pour y accéder. Les fabricants ne pourront plus « rationner » les avancées technologiques pour sortir chaque année un nouveau modèle un poil plus avancé que le précédent. Il s’agira à la place de faire un grand bond en avant à chaque découverte majeure, ce qui, vous en conviendrez, n’arrive pas tous les ans actuellement…

Quant aux aliments propres à la consommation, ils seront tous distribués gratuitement et équitablement en fonction des besoins de chacun. Jamais plus il ne sera possible de priver qui que ce soit d’un repas décent. Plus personne ne pourra faire de profits colossaux sur le commerce de la nourriture et de la faim.

En conclusion, avec un gaspillage réduit au maximum et une notion de rentabilité disparue, il ne sera clairement plus nécessaire de produire autant qu’aujourd’hui, donc il ne sera plus nécessaire de travailler autant. Dans le nouveau paradigme, chacun, du producteur au consommateur, sera responsable de sa propre gestion des ressources qui seront à sa disposition, y compris de tout le temps libre gagné par cette réduction du temps de travail. A chacun donc de voir ce qu’il en fera et quel sens il lui donnera.

[1] https://www.lintendance.co/blog/fruits-legumes-moches-gaspillage-alimentaire

[2] https://www.consoglobe.com/gaspillage-objets-quotidien-cg

Crédit image: Pixfuel

2 réflexions sur “Temps de travail, production et gaspillage”

  1. Je pense qu’il est temps que l’Homme devient plus actif à coopérer avec la Nature. Tant qu’il ne veut pas comprendre qu’il faudrait copier les designs et modèles fabriqués par la nature en adoptant le même comportement vivant pour apporter plus de résiliences, alors il n’ira nulle part plus loin vers le but évolutif. Pour moi, le choix de chaque individu d’apporter de l’amélioration se justifie qu’à travers tous ses actes créatifs de sa vie tournée vers l’abondance sur terre, et cela devrait être toujours un choix du but vers l’Unité. Il est peu probable qu’en faisant ce choix, il nous entraîne vers une direction comme le contre-sens involutif possible. A moins que la cause soit nos choix de choyer la réussite personnelle au lieu de choyer la coopération en première comme procède dans la Nature.

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