Le commerce juteux de la pénurie

Cela n’a pas pu vous échapper. Et peut-être même, au moins une fois, cela a pu vous effrayer: cela fait des semaines et des mois, que la Presse, mainstream ou non, régulièrement s’agite, menace, et vocifère sur le même thème. Nous sommes en pénurie.

Comme on nous prévient un peu à l’avance, juste un peu, nous avons seulement le temps de faire quelques petits stocks, moyennant un coût d’achat plus élevé. C’est plus prudent, nous suggère-t-on,  compte tenu que nous allons manquer, manquer de tout, et même du plus vital, comme pendant la dernière grande guerre mondiale (dont le spectre rôde…).

Pourtant on se demande bien, dans un sursaut de sens critique vite réprimé, comment cela est possible. Ne sommes-nous pas, en Europe tout du moins, dans une civilisation prospère, bien administrée, et monitorée en permanence par des collèges entiers, nationaux et internationaux, d’experts, de scientifiques, de politiciens de haut vol, de « cellules de surveillance », ne pensant qu’à la santé et au bien-être des peuples?

Mais il faut se rendre à l’évidence, il n’est qu’à écouter les informations ou surfer sur Internet: la  pénurie n’en finit plus, que ce soit sur *le gaz, l’électricité, les céréales, la moutarde, l’eau potable, le papier toilette, l’acier, l’huile de tournesol, le café, les bananes, le sucre… et même les soignants (en France) ! La liste n’est évidemment pas exhaustive du tout.

Peut—être en serez-vous surpris, car  il faut dire que ce thème revient certes régulièrement, mais juste assez pour « oublier » une pénurie avant de passer à l’autre. Pas convaincu·e ? Faites donc ce test : « Googlisez pénurie de… » en complétant avec chacun des *mots indiqués ci-dessus… et tirez vos propres conclusions. Si vous avez l’esprit joueur, vous pouvez même trouver d’autres mots, vous verrez c’est facile. Il faut juste que ce soit perçu comme vital et basique. Essayez « farine » par exemple (bingo j’ai fait l’essai moi-même en rédigeant cet article, et effectivement, la pénurie de farine sort).

Les raisons évoquées de toutes ces pénuries?  La faute en serait au Covid, au climat (abîmé par l’homme), et à la guerre. Mais on ne parle jamais d’une mauvaise gestion par exemple. Un  esprit curieux, ou retors selon les points de vue, pourrait pourtant émettre cette autre hypothèse. Serait-il possible que les pénuries soient créées de toutes pièces et puissent être le moyen de:

  • légitimer une flambée des prix, dans le seul but  d’enrichir leurs  auteurs et serviteurs (noter que dans ce cas, la méthode est quand même particulièrement ingénieuse, conçue pour ne pas faire de vagues ou d’émeutes… puisque l’on a même envie de leur dire merci),
  • sidérer les peuples dans la peur et l’angoisse de manquer, les fixant un peu plus dans leur torpeur, qu’elle soit physique ou mentale, déléguant totalement « aux autres » de trouver une solution, même si c’est à chaque fois la même: ponctionner votre porte-monnaie.

Comme il ne s’agit que d’une hypothèse, n’importe quel honnête homme chercherait alors des arguments pour étayer cette possibilité. Mais cette bonne volonté serait vite réprimée dans l’œuf. En effet, à moins d’être oisif, la vie de nos sociétés actuelles ne nous laisse pas beaucoup de temps et de moyens pour faire des recherches approfondies. Il faut en effet travailler pour vivre, et c’est dur nerveusement si ce n’est physiquement. Il faut reconnaître que la majorité d’entre nous n’est plus trop en état, le soir ou le week-end, pour utiliser le peu de  temps qui lui reste, à faire des recherches, devant par ailleurs s’occuper aussi de la famille, des enfants, du couple, et de ses problèmes personnels. Sur la plupart des médias, l’information est identique, et qui s’y est essayé, sait bien qu’il faut des heures pour trouver des informations différentes, qu’elles soient vraies ou non. Par ailleurs, et si l’enchaînement à notre travail ne suffit pas, il reste toujours les différentes addictions officiellement agréés (Netflix, le loto, les jeux vidéo, Youtube, le sport, l’actualité prémâchée, la sacro-sainte famille, pour ne citer que quelques exemples) pour anéantir toute velléité.

Souvent en cherchant, en prenant le temps de chercher, on finit toujours par trouver des indices troublants. Par exemple, pour en revenir à notre sujet de la pénurie, prenons celle de la moutarde. En épluchant tout ce qui peut se dire sur le sujet, on peut par exemple tomber sur cet article d’Atlantico – 19/07/2022 – Les vraies raisons de la pénurie de moutarde dépassent largement la guerre en Ukraine. L’article invoque immanquablement le « climat et la guerre », mais à bien regarder, deux petites lignes avant la fin et quelques mots entre parenthèses avancent une autre raison possible, déjà beaucoup moins répandue (extrait ci-dessous):

Pourquoi les producteurs n’avaient-ils pas prévu de stocks ?  – Cela fait 3 ans que les récoltes sont à la limite des besoins et les stocks n’ont pas pu se constituer. En outre, pour les industriels il est très difficile de stocker de la graine (place dans les silos, coûts de stockage, etc…)

Argent, rentabilité, nous connaissons bien ce refrain, à tel point que finalement il n’est pas si surprenant. Pourtant, qui penserait spontanément à ce genre de logique actuellement, notre « spontanéité » ne serait-elle pas davantage le reflet de ce qu’on nous rabâche à longueur de média, à savoir le climat et la guerre?

Un autre exemple? Pour la pénurie de l’Acier, on évoque plusieurs choses, dont le COVID (tombé à point pour renouveler les justifications), une hausse de la demande tirée par la Chine et non compensée en production (il serait légitime que l’on sache pourquoi), le coût croissant de l’énergie (dû à la guerre). D’accord. Mais qui a relevé que la raison pouvait provenir « essentiellement pour des raisons de trésorerie et de stockage » comme il est indiqué sur le site  https://www.poncinmetal.com?

Rentabilité et argent, à nouveau. On pourrait m’objecter qu’il ne faut pas tout croire sur Internet. Enfin, si, mais seulement ce qui est vérifié et validé, donc par la presse mainstream en gros, donc les gouvernements, donc les Banques. CQFD.

Pour répondre à cette objection, je dirais bien que dans cet océan de mensonges institutionnalisés, on se débrouille comme on peut pour trouver des pistes, des éléments discordants. Au bout d’un moment, avec un peu d’expérience, on se rend compte que plus c’est prémâché et répété, plus c’est faux. Cela ne reste qu’un avis personnel, mais expérimenté au moins. Une plus juste vérité pourrait-elle alors ne se trouver que dans les détails, à l’instar de l’expression bien connue: « Le diable se trouve dans les détails »?  La définition de cette expression par lalanguefrançaise.com est la suivante:

Si vous êtes un grand perfectionniste, vous devez connaître l’expression « Le diable se cache dans les détails » qui signifie que rien ne doit être laissé au hasard […] qu’aucun détail ne doit être délaissé. Il est primordial de prendre en compte tous les éléments qui pourraient être dissimulés afin de contrôler au mieux une situation. Être attentif à tous les détails permet d’éviter quelques désagréments qui pourraient s’avérer ennuyeux pour la suite et avoir un impact diabolique!

Dans le même ordre d’idées, il y a aussi le mensonge par omission. Depuis le temps que l’on nous parle de pénuries, et de leurs horribles conséquences, je trouve bizarre qu’aucun organe de presse, dont l’information et la connaissance de l’information sont le cœur de métier, n’ait eu l’idée de récapituler, par dates, la liste de toutes les pénuries et leurs explications officielles, ou d’en faire un bilan financier, mais pour chaque partie (le consommateur, le producteur, le négociant, la bourse, la banque). Un tel « papier » serait pourtant jouissif à n’en pas douter, pour n’importe quel journaliste honnête, tant les incohérences et l’esprit de manipulation semblent évidents. Et si ce papier existe, sait-on jamais, pourquoi est-il « caché », ou ne ressort-il pas à chaque fois que l’on nous parle encore de pénurie, c’est-à-dire tous les mois, voire tous les 15 jours?

Ne trouvez-vous pas bizarre, également, que la seule raison imputée à toute pénurie alimentaire, quasiment, soit le « climat », pour  lequel il est communément admis qu’il est déréglé par l’homme lui-même? En ce cas pourquoi rien n’est-il fait? Que font donc le « Codex Alimentarius », les économistes, l’OTAN, l’ONU, les Gouvernements? Pourquoi ce sujet n’est-il jamais abordé sous cet angle, notamment pendant les élections, censées regrouper les « oppositions », et la voix du peuple (qui pourrait légitimement se sentir floué, a minima, sur son pouvoir d’achat)? Le genre humain deviendrait-il stupide ou autodestructeur? Voilà matière à réflexions que je vous propose d’alimenter de manière plaisante en visionnant la comédie : «  Idiocraty » de Mike Judge.

De mon point de vue, envisager la pénurie comme un business conçu et développé uniquement à cet effet devient une hypothèse plus que crédible, et envisager la pénurie comme un moyen de sidérer les peuples (notamment les pays dits occidentaux), les ancrant ainsi un peu plus dans leur attachement à un « confort » léthargique (confer l’excellent film d’animation « Wall-E » et son Capitaine B. McCréa) doublé d’une gouvernance faussement paternaliste apporte une dimension supplémentaire, laissant honteusement admiratif devant tant de dextérité et de savoir-faire.

Dès lors, et par contraste, le nouveau paradigme de l’Archimagistère, tel que défini sur ce site, prend tout son sens, en parfait contrepied de ce genre de situations, que l’on devine bien emblématique. Une des missions premières de l’Archimagisterium, en tant que gouvernance de ce nouveau monde, est de développer l’esprit d’Unité, duquel sont attendus des comportements et des actions radicalement différents. Pour en revenir à notre sujet, il ne s’agira plus, par exemple, via des « pénuries », d’enrichir une poignée de multimilliardaires, mais d’apprendre à gérer, dans le respect de la planète et de ses habitants, de tous ses habitants, les ressources naturelles mises à disposition, largement suffisantes pour la totalité des populations, le mythe de la surpopulation ayant fait long feu lui aussi (voir https://archimagisterium.world/nouveau-paradigme-archimagisteral/). Et en dehors de toute considération de savoir si cela est possible ou non, il faut reconnaître que la solution proposée est totalement inédite et révolutionnaire en termes de raisonnement et de positionnement : la majorité des besoins basiques de la Pyramide de Maslow (les 2 premiers étages concernant les besoins vitaux et de sécurité) sont ainsi pourvus gratuitement, pour tous et pour tout le temps; la nourriture, saine et de qualité, est en accès libre. Un logement est pourvu gracieusement, en contrepartie de l’obligation d’en prendre soin. Même l’énergie est gratuite, y compris le carburant. Ces nécessités vitales étant couvertes, il n’y aura forcément plus d’enjeux et de prise possibles pour en faire plus d’argent, de rentabilité ou de contrôle des peuples. On peut même dire qu’à l’inverse cette mesure spectaculaire, libère carrément les peuples, les  débarrassant du Dieu argent, comme étant l’alpha et l’oméga de toute chose: 

  • Par un retour de la santé : même dans ce monde actuel, depuis longtemps, il a été démontré la corrélation entre alimentation saine et santé. Donc qui dit meilleure santé, dit meilleur potentiel pour se prendre en main et réaliser ses propres objectifs dans la vie.
  • Par plus de disponibilité: le « il faut bien trimer pour vivre » disparaît, laissant plus de temps libre pour faire autre chose que de se procurer de quoi se  nourrir et se loger.
  • Par plus de vraie solidarité: ces mesures étant mondiales, elles  s’appliquent à tous, reconnaissant enfin le droit à une vie plus que décente pour tous ces peuples qui n’avaient pas l’avantage de se trouver « dans un pays riche »,  exprimant ainsi une totale équité vis-à-vis du genre humain.
  • Par plus de joie de vivre: les besoins physiques de la pyramide de Maslow étant comblés, l’être humain peut enfin sortir de sa robotisation, et au contraire développer, sans épée de Damoclès au-dessus de sa tête, ce qui contribue à son épanouissement le plus profond, à savoir son appartenance sociale, l’estime de soi, et l’accomplissement de soi.

Oui, à mon sens, le nouveau paradigme, c’est d’abord ça.

7 réflexions sur “Le commerce juteux de la pénurie”

  1. Bonjour,

    Il est clair que la « notion » de pénurie » varie selon les pays. prenons un exemple: la moutarde. Nous manquons de moutarde en France sous prétexte du climat, de la guerre en Ukraine etc… Dans d’autres pays européens ce n’est pas le cas (ex: le Portugal pour la moutarde). Allez comprendre…
    Je pense que la spéculation est à l’oeuvre.

    Cordialement.

    Michel

  2. Bonjour Catherine Fontanel,
    Je travaille dans le commerce de détail des fournitures de bureau. On vient de m’annoncer que les fournisseurs n’arrivent plus à suivre nos commandes de palettes de papiers, qu’il y aura une pénurie dans les papiers pour les mois à venir.
    Pour moi, cette crise globale est aussi les opportunités propices aux changements locaux et individuels. Il s’agit des opportunités pour créer autrement nos besoins pour évoluer ensemble autrement. A titre personnel, je consomme moins et mieux depuis qu’on m’a empêché de vivre comme d’habitude.
    Merci pour votre article
    Kim

  3. Bonjour Catherine,

    merci pour cet article et ces perspectives absolument réjouissantes, car cette crainte du lendemain, cette angoisse de l’assiette vide ou de se retrouver à la rue, quel frein perpétuel.
    C’est aussi un puissant incitant à la générosité et comme vous le dites, à continuer à être vigilant par rapport au gaspillage. Les pénuries annoncées cependant feront réfléchir ceux qui n’expérimentent jamais la disette et le manque.
    Enfin un discours qui permet de sortir de la sempiternelle lutte des classes et tutti quanti.
    Bien à vous

  4. Bonsoir,

    En attendant que un jour peut être, ce soit comme vous le dites, car votre texte est au futur…donc ici et maintenant, concrètement, comment fait-on pour acheter un sac de granules pour chauffage passé en quelques mois de en moyenne 4,50 Euros à 6,80 en aout , voire 12 Euros aujourd’hui ? Car là il ne s’agit pas de réduire la gabegie d’une consommation désordonnée, il s’agit juste de passer l’hiver et les suivants.
    Merci de votre retour dans l’attente
    Cordialement,
    Ora

    1. Catherine Fontanel

      Bonjour Ora,
      La flambée actuelle des prix sur l’énergie ne fait qu’apporter de l’eau au moulin de cet article, pourtant déjà ancien. Je n’ai pas, personnellement, parlé de gaspillage.
      La hausse des prix, selon mon point de vue, est obtenue par de fausses pénuries, entretenant bien souvent une peur du manque, justifiant ainsi une augmentation fallacieuse du prix… ce qui génère de plus gros profits. Rien de plus.
      De manière générale, et jusqu’à présent, l’Humanité accepte tout à fait ces pénuries et leurs conséquences tarifaires, bien que la pression soit constante et grandissante, tant sur l’augmentation des prix que le nombre d’articles concernés… bien évidemment basiques, comme je l’ai précisé.
      Peut-être qu’il faudra atteindre des niveaux vraiment insupportables pour que l’Humanité se rende compte du fonctionnement de ce vieux monde ? Et réagisse (au moins intérieurement) ?
      L’Archimagisterium est en marche mais cela n’exclut pas la compréhension et la participation de tous, bien au contraire. L’Archimagisterium sera la gouvernance d’une Humanité rénovée et consciente.
      Les temps que nous sommes en train de vivre pourraient peut-être propices à certaines prises de consciences ? A chacun de voir … en conscience.
      Bien à vous,

      1. Catherine,
        Merci de votre retour.
        Pour autant dans ce retour dont je connaissais la teneur avant même de vous lire, si prévisible, rien de nouveau donc.
        Bien sur que les pénuries sont fausses, et pour faire un pas de plus que vous, elles sont même la propriété d’une illusion au sens bouddhique, donc d’une ignorance.
        Comme je n’ai pas donné croyance à la pandémie, je ne donne pas plus croyance à cette pénurie.
        Mais allez dire ça à celui qui vit dans une maison glaciale….
        C’est juste un principe de réalité qu’il vaut peut être mieux accueillir en silence.
        Vous fûtes « déçue par le passé », j’ai aussi passé ce cap, plus celui de l’enthousiasme qui vous porte dites-vous (dans votre CV). Même l’enthousiasme (l’in-théo) doit être abandonné comme possible source d’attente et de désir et donc de souffrance.
        L’Archimagistére est en marche, dites vous, je n’ai pas attendu après ça pour m’y mettre, soyez en assurée et n’ai jamais compté que sur mon propre « retournement » qui eut lieu en son temps. Et suis rassurée de constater que vous ne pouvez y faire mieux que moi.
        De cela, soyez remerciée !
        Bien à vous,
        Ora

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